



Avant-Propos
L'accusé
Le Lieu du crime
Le mobile et le déroulement psychologique
Conclusions
Les sources
Conclusions
… Puisqu’il convient de mettre un terme à cet exposé
!
Je ne souhaite pas vous quitter toutefois sans évoquer deux scènes
qui resteront dans les annales du cinéma français, totalement
antinomiques l’une de l’autre.
1. Le cinéma sait faire appel au plaisir gustatif. Dans « Les
Tontons Flingueurs » (Georges Lautner, 1963), l’objet est disséqué
selon une philosophie sensualiste par un dialogue magistral de Michel Audiard:
"Nous voilà sauvés … Tiens, vous avez sorti le
vitriol ? … Faut reconnaître, c’est du brutal."
Pour nous, Français (ou assimilés), le discours sur les questions
de la table et du vin est un des aspects les plus significatifs de l’exception
culturelle, et nous aimons nous y adonner, car c’est une manière
de communier dans une même ferveur gourmande.
On peut imaginer des dégustations "à l’aveugle",
mais on ne saurait les concevoir "à la muette", n’est-il
pas vrai ?
2. Le cinéma sait aussi marquer l’antithèse et se moquer
de notre thématique. Dans « L’Aile ou la Cuisse »
(Claude Zidi, 1976), Claude Zidi nous offre une scène d’agueusie
qui reflète une incapacité physiologique à ressentir
le plaisir gustatif.
Comble de l’hédonisme, Charles Duchemin, alias Louis De Funès,
ne peut goûter et apprécier le vin, et pallie dès lors
son handicap avec les yeux tout en nous déblatérant son faux
savoir.
Il décrit le vin et son plaisir non avec ce que discerne sa langue,
mais avec ce que devinent les yeux: "Belle robe vermeille, un peu violette,
bel éclat.
C’est un Bordeaux, un grand Bordeaux. Un peu de pourritures nobles
en suspension. … Le vin, c’est la terre. Celle-ci est légèrement
graveleuse: c’est un Médoc … Château Léoville
Las Cases 1953 !"
Belle métaphore du spectateur devant la toile de projection ! Je
vous rappelle mon avant-propos, en y apposant maintenant une interrogation:
"Le septième art demeure-t-il vraiment impuissant à rendre
l’odorat et le goût?"
» François
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