







Attentives au pouvoir attractif que peut receler une œuvre
de fiction, les collectivités régionales ont depuis longtemps
encouragé les auteurs à tourner au sein de leur identité
patrimoniale - ici la vigne - dans l'esprit de rapprocher des talents complémentaires
qui embellissent la vie: l’homme de lettres et le viticulteur.
Par l’image bucolique et gastronomique qu’ils ont rendue du
Sud-Ouest dans « Le Bonheur est dans le Pré
» (Etienne Chatiliez, 1995), Michel Serrault et Eddy Mitchell
ont favorisé d’un seul coup le nouvel essor de cette région
du Gers qu’on appelle "la Toscane française", et
l’arrivée des néo-ruraux en quête de bon air …
et de bonne chère.
Petit chef-d'oeuvre à la française exaltant des valeurs qui
sont hélas en voie de disparition, le film revendique une sensualité
sereine et bonhomme dont Eddy Mitchell peut être l’incarnation.
On a déjà parlé de la présence si fréquente
du champagne dans les films policiers, présence à laquelle
l'activité de propagande des maisons de champagne n'est pas étrangère.
Le CIVC (Vignerons et Maisons de Champagne) a participé dans les
années 1970 au financement de la première série télévisée
des « Arsène Lupin » produite
par Pathé-Cinéma, avec notamment comme acteurs Georges Descrières
et Marthe Keller.
Le champagne était présent dans chaque épisode; à
l'image et dans le dialogue. Ainsi Virlojeux, invité à la
table du préfet de police, s'exclamait: "Ah, du champagne !
La France sans champagne, ce serait l'Angleterre sans brouillard !"
En collaboration avec la mairie d'Épernay, la Maison Charles de Cazanove
a invité le cinéaste Jean-Pierre Mocky à tourner «
Le Mari de Léon » (Jean-Pierre Mocky, 1992) dans la
capitale du champagne.
Outre l’accueil de l’équipe, c’est toute la promotion
du film que la marque accompagne.
Et la vigne est en toute forme artistique, un lieu révélateur,
un terrain en friches où la réflexion sur le vin et le monde
est un appel à l’ordre, un hymne à la sérénité.
Ainsi, sur les coteaux de Pauillac, au Château Pontet Canet, Hélène
(Nathalie Baye) renoue avec la vie dans « J’ai
épousé une Ombre » (Robin Davis, 1983), et se
laisse adopter par une famille où elle trouve chaleur et affection.
Elle va même tomber amoureuse de Pierre (Francis Huster). L’affiche
du film compte également Madeleine Robinson et Guy Tréjean;
c’est dire l’élégance dont s’est attaché
le réalisateur à l’illustration de son récit.
Immanquablement, un désir d'harmonie, de mariage réussi, finit
par s'imposer: l'œuvre créatrice du vigneron trouve son écho
dans celle du cinéaste. Pratiquement tous les œnologues et analystes
s'accordent à admettre la typicité des crus. Il est donc possible
d'harmoniser un type de vin et un type de film !
» François
VANDERVEKEN