Le Vin dans la cuisine
par Jean-Pierre BAILLON
Avant l’apparition de l’homme, des fossiles ont été
retrouvés dans la partie orientale de la France.
Les premiers raisins cultivés par l’homme pour son propre usage
ont sans doute poussé
en Asie mineure
au Sud de la Mer noire entre 6 000 et 4 000 avant J.C.,
ce qui a donné probablement par hasard le premier vin, par oubli de
quelques grappes qui fermentèrent dans un récipient sous l’action
de la chaleur.
Tout en étant une boisson agréable, le Vin possède des
propiétés médicinales et désinfectantes naturelles.
On s’en servait comme protecteur préventif contre les infections,
dans les régions où l’approvisionnement en eau était
suspect. On lavait avec du vin ou du vinaigre les aliments, avant de les consommer
et surtout ils étaient conservés en marinade composée
de Vin, d’huile et d’herbes. Des traces de ces pratiques furent
retrouvées à Pompeï.
Le Moyen âge est la grande époque
des débuts de la cuisine au vin (marinades et ragoûts
au vin figurent dans les grimoires de Cuisine de l’époque y compris
dans le viandier de Taillevent) parce que les régions les plus
septentrionales du Territoire sont plantées en vigne, telle que Lille,
Caen, Beauvais, Rennes qui jouissaient d’une bonne réputation
vineuse. Mais ces vins sont plus des piquettes qu’autre chose et pour
la cuisine on importe des vins doux de
Crête, de Tyr, de Chypre
et de Ligurie où on cultive de la Malvoisie.
En France, on utilise aussi de
l’Hypocras
(Vin édulcoré au sucre et au miel et fortement
épicé). Nous sommes à cette époque, en plein dans
la tradition hippocratique et le Vin est considéré comme un
aliment.
Aldebrandin de Sienne, chroniqueur et médecin de l’époque,
déclare que
, "selon les exigences et les possibilités
de sa structure et selon les usages les pays et les saisons, le vin dans toutes
ses utilisations et aussi dans la cuisine donne bon sang, bonne couleur et
bonne saveur. Il renforce toutes les vertus du corps et rend l’homme
heureux, débonnaire et bien parlant".
A cette époque, se fabriquent aussi des "
confitures"
: compositions végétales cuites dans du moût de raisins,
cousines de la mostarda italienne actuelle et du verjus, ingrédient
aromatique de 1 re importance encore aujourd’hui (Poulet au Verjus).
Vers 1230 il est cité une recette de chapon dans le vin
rouge, découpé, dont les morceaux sont faits pour
les servir arrosés du bouillon de cuisson, réduit en une sauce
parfumée aux épices, épaissie avec le foie, la chair
des blancs, pilée et des amandes en poudre. Ce plat présente
le goût propre de la viande et sa consistance, confondues avec le parfum
de la sauce forte, mêlés dans une même dégustation.
Le vin, utilisé dans la cuisine aujourd’hui, doit compléter
la nourriture. Il ne doit jamais écraser le plat, mais en rehausser
la saveur et contribuer à l’harmonie du repas. Le bœuf et
l’agneau ont les saveurs les plus nettes et requièrent les meilleurs
Vins rouges mais seulement dans le cas de viandes rôties (Accord mets
et vins).
Dans le cas de viandes en sauces, propos de cette planche, mieux vaut choisir
de robustes vins plus ordinaires, (cépages Syrah), dans la mesure où
le vin qui composera la sauce du plat va déjà servir à
la marinade ;
le but de la marinade 1 re utilisation
du Vin dans la cuisine est d’imprégner la viande des qualités
tanniques du vin utilisé et d’aider à attendrir quelquefois
cette viande. Cette fonction est obtenue grâce aux acides contenus dans
le jus de raisin qui peuvent aller jusqu’à le transformer en
vinaigre (acide acétique).
Les vins que l’on emploie pour la cuisine, doivent toujours être
simples, mais de bonne qualité.
Le vin réduisant, concentre sa saveur et un vin inférieur va
révéler toutes ses qualités négatives, ce qui
gâterait la préparation.
Les vins rouges robustes et fruités conviennent le mieux aux sauces
parfumées à l’ail, à l’oignon, au genièvre
et autres cindiments forts. Pour les sauces plus délicates comportant
de la crème, on choisira un vin franc de même prigine que le
plat.
Il faut néanmoins choisir le vin qui va servir à la confection
du plat, d’après le style et la qualité de la viande.
Il faut essayer avant que de cuisiner avec du vin, d’imaginer la saveur
du plat en prenant en compte la marinade, les farces, la sauce qui sera servie
et les accompagnements. Il n’y a jamais un seul vin qui peut servir
à la confection d’un plat. Il doit compléter la nourriture
avec harmonie
(ex :le coq au vin qui peut-être au Riesling ou au
Bourgogne).
Enfin, il faut prendre garde au fait que le vin refuse absolument le voisinage
de quelques desserts tels que les fruits acides (groseilles, ananas, agrumes).
La banane, ne profite pas au vin, ni le vin à la banane. Et en règle
générale, il ne faut utiliser avec les desserts que des vins
mutés (Banyuls, Pineau,…) ou les vins liquoreux qui ont beaucoup
de corps et de fruits.
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